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Lu dans "Le Monde" du 19 août : La Haute-Corse à couper le souffle :
Dominique Murat "Méditerranée Magazine" PREMIER JOUR, BASTIA, 8 H 30 DEUXIÈME JOUR, LOURD TRIBUT À LA ROUTE Passé la vallée suivante, l'ascension du Bocca a Croce se fait par l'ancienne route forestière ; celle-ci fit au XXe siècle l'objet d'un "troc" entre le village d'Olmi-Cappella et une compagnie qui finança sa construction en échange de l'exploitation de la forêt. Résultat : il ne reste pratiquement plus d'arbres... Un vide que comblera bien vite la future forêt de Tartagine. A Pioggiola, une petite étape dans une bonne auberge donne les forces nécessaires pour attaquer le col de Batalla (à 1 040 mètres) et ses sautes de température. "Notre île est une montagne dans la mer, on peut y mourir de froid en plein été, à une heure des plages. Mieux vaut donc être bien équipé", nous avisait un ami corse. Calvi sera la bienvenue. TROISIÈME JOUR,QUEL PAYSAGE ! Une descente puis une remontée vers le Bocca a Croce - autre col tout aussi pentu que celui cité plus haut - et le décor se fait moins sauvage, et beau à couper le souffle : précipices, golfe, surplombs rocheux... La chaleur aidant, le maquis exhale ses parfums, anisés, de figuier puis d'eucalyptus à l'entrée de Partinellu. Plongée sur Porto avant d'observer de haut les formes déchiquetées des calanche de Piana. Plus pentus, plus fréquentés, mais quels paysages ! Au tour, ensuite, de Cargèse, qui comble les regards avec ses deux églises, chrétienne et orthodoxe. Viendra encore Sagone, bordée d'une plage à la beauté tentatrice, puis Vico, point final de la journée. QUATRIÈME JOUR, LE PLUS LONG Flancs granitiques à pic, voie en surplomb du ravin, petite musique des avertisseurs à chaque virage... Ivres de trop d'immensité, on traversera aussi vite que l'éclair la citadelle de Corte assaillie de touristes. Cap sur la région de Bozio, restée, elle, très longtemps isolée. Riche de sa seule forêt de châtaigniers et berceau des chants polyphoniques, voilà tout son patrimoine. La route monte régulièrement à travers bois jusqu'à offrir un panorama de basse montagne, écrasée dans le lointain par la masse enneigée du Monte de Oro. Cinq kilomètres plus loin apparaît Erbajolo, ce village du bout du monde où se cache L'Altu Pratu, une ferme-auberge dont les produits naturels et le vin combleront toutes les appétences. Convivialité garantie encore avec un hôte intarissable sur sa région : c'est à quelques pas d'ici, à Alando, que Sambucuccio a mené, au XIVe siècle, la révolte contre les féodaux affiliés au royaume d'Aragon et qu'a été édictée la trêve du Commun, proclamant la destruction des châteaux environnants et la redistribution des terres. "Surtout, ne passez pas entre le haut du col suivant et la fontaine s'il y a un orage, recommande-t-il. La foudre y tombe systématiquement. Vous verrez les marronniers tout calcinés." L'endroit, en effet, est bordé de troncs déchiquetés... La route navigue ensuite en pente douce au milieu d'une épaisse forêt puis gagne un dernier col qui nous hisse au-dessus de Moïta. Cervione aligne ses belles maisons ocre avant une dernière descente sur Prunete, où une excellente chambre d'hôte et un plongeon dans la mer concluent l'étape. CINQUIÈME JOUR,UN DERNIER REGARD |
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